Autour du lien intergénérationnel

En 2023, les Petits Frères des Pauvres ont publié un rapport annuel consacré aux relations entre les générations. Contrairement à l’idée d’une « guerre des générations », ce rapport montre que les jeunes comme les personnes âgées accordent une grande importance à ces liens. Pourtant, les échanges restent parfois freinés par des préjugés, des stéréotypes ou le sentiment de ne pas être compris ou reconnu par l’autre génération.

Dans un contexte où l’isolement des personnes âgées ne cesse de progresser, renforcer les liens entre les générations est plus que jamais une nécessité. De nombreuses études montrent que les relations sociales contribuent au bien-être, à la santé et à la qualité de vie des seniors. Elles leur permettent de se sentir utiles, de préserver leurs capacités cognitives et de renforcer leur estime de soi.

Les jeunes ont également beaucoup à gagner de ces rencontres. Elles leur offrent l’occasion de développer leur écoute, leur patience et leur empathie, tout en bénéficiant de l’expérience et des connaissances des aînés. En créant davantage d’occasions de se rencontrer et de partager, chacun peut apprendre de l’autre et contribuer à lutter contre l’isolement.

Dispositif type pour les activités intergénérationnelles

En partenariat avec les Petits Frères des Pauvres, l’équipe Co-bien de l’Icam a créé un groupe de travail consacré aux jeunes et au lien intergénérationnel dont les réflexions ont abouti à trois actions concrètes  :

  • La première consiste à réaliser une cartographie des initiatives intergénérationnelles existantes et des associations et structures engagées dans la lutte contre l’isolement des personnes âgées. Ce travail permettra d’identifier des activités facilement reproductibles et adaptables dans différents territoires, en France et en Espagne.
  • La deuxième action est la création d’un « recueil de souhaits » destiné à mieux connaître, avant la mise en place des activités, les attentes et les besoins des personnes âgées et des étudiants. Ce questionnaire a été élaboré en partenariat avec les Petits Frères des Pauvres et le Pôle Seniors de la Mairie de Toulouse. 
  • Enfin, une synthèse des bonnes pratiques a été réalisée à partir d’expériences de terrain. Elle rassemble des exemples d’activités, des conseils pratiques ainsi que des jeux et des animations permettant de créer un climat de confiance et de faciliter les premières rencontres entre les générations.

Le recueil de souhaits a été construit à l’issue d’entretiens réalisés auprès de trente personnes âgées (fréquentant le Pôle Seniors de la mairie de Toulouse et participant aux activités organisées par Les Petits Frères des Pauvres à Perpignan) et vingt-deux jeunes des universités toulousaines.
Le groupe de travail a également rencontré plusieurs acteurs investis dans le développement des liens intergénérationnels : le Pôle Seniors de Toulouse – Mairie – Métropole, Les Imaginations Fertiles, l’association Le Comptoir aux histoires, l’association Le Bruit de la Conversation, le pôle jeunesse de la Médiathèque de Castelsarrasin ainsi que l’association Mieux Ensemble.

L’approche s’est voulue qualitative et relationnelle afin de valoriser les compétences et savoirs que les participants souhaitent transmettre. L’analyse des réponses recueillies a permis de mieux comprendre des attentes communes et met en évidence de nombreux centres d’intérêt partagés, des envies de transmettre et d’apprendre, ainsi que les conditions favorisant des rencontres enrichissantes.

Les résultats montrent que les deux générations ont finalement bien plus de points communs que de différences. Elles apprécient avant tout les activités concrètes réalisées ensemble, qui favorisent les échanges, le partage d’expériences et les moments de convivialité, notamment en extérieur. Les jardins partagés, les ateliers de cuisine ou de bricolage, les promenades, les activités physiques douces et les projets collectifs figurent parmi les initiatives les plus appréciées pour créer des liens durables entre les générations.